Quid du marché des commerces en France

C’est la question que s’est posée Jones Lang LaSalle, une entreprise spécialisée dans le conseil en immobilier d’entreprise, dans son étude de marché. Le ralentissement de la croissance – au 1er semestre 2018 – en France, a entrainé une baisse des chiffres d’affaires, pour la majorité des commerces et créé un écart entre les marchés primes* et secondaires. Du côté de l’investissement, le début d’année s’avoue prometteur.

L’étude du marché des commerces en France, réalisée par Jones Lang LaSalle (JLL), fait état d’une baisse de chiffre d’affaires pouar une majorité des commerces, et d’un écart entre les marchés primes et secondaires. Tout d’abord, selon la dernière enquête de la fédération du commerce spécialisée, Procos, les enseignes ont affiché une baisse de résultats de 2,7 %, au premier semestre. Les centres-villes ont le plus souffert durant cette période, avec des performances en baisse de 3,5 %. Des résultats qui s’expliquent par une baisse de fréquentation, durant le mois de mai, causée par les jours fériés et la météo changeante. Les commerces de périphérie et les centres commerciaux ont, eux, mieux résisté, bien que le chiffre d’affaires soit en recul – respectivement de – 2,2 % et 0,2 % à la fin du mois de mai. Du côté de l’ameublement, les résultats sont aussi en diminution. Le secteur enregistre une baisse de 1 %, entre janvier et mai 2018. Ici aussi, le manque de fréquentation est l’un des facteurs causant ces chiffres. Baisse de résultat également pour le secteur du textile et de l’habillement. – 6,7 % de chiffre d’affaires sur le mois de mai.  Un seul secteur a su tirer son épingle du jeu : la restauration. Sa fréquentation est comparable à celle de l’année dernière sur le premier semestre, avec même une augmentation de 1 % pour la restauration rapide. Mais la réussite du secteur se trouve sur l’augmentation des dépenses. En effet, le ticket moyen a augmenté de 1 %.

L’écart se creuse

Bien que les résultats du premier semestre ne soient pas entièrement positifs, la France reste un marché prioritaire pour le développement des enseignes internationales. Ces dernières continuent de s’implanter dans les grandes villes et soutiennent, notamment, la demande dans les axes dits « ultra prime » de la capitale. Mais l’offre d’emplacements, par nature, limitée, entraîne une hausse mécanique des valeurs locatives. En effet, la valeur locative « prime » de Paris a augmenté de près de 7 % ce trimestre, passant ainsi de 22 000 €/m2/an à 23 500 €/m2/an (droit au bail inclus). Du côté des grandes métropoles régionales, toujours autant prisées malgré la baisse de fréquentation, les valeurs sont restées stables. Une demande qui est à l’opposé de ce qui se passe dans les villes moyennes. Les fermetures de boutiques se multiplient et le niveau de vacance commerciale augmente. Les enseignes internationales préfèrent ainsi rester prudentes, en se positionnant sur des emplacements primes, plus onéreux, et en fermant des sites aux résultats instables. A ce titre, le « pop-up store » confirme son succès auprès des enseignes. Cette tendance de magasin éphémère joue sur l’instantanéité et l’effet de rareté. Cela suscite l’intérêt du consommateur, à la recherche permanente de nouveautés. Les propriétaires y trouvent également leur compte, même si ce modèle va à l’encontre de la stabilité exigée par les investisseurs. Il permet d’animer des locaux inoccupés et de mettre en avant le potentiel commercial de l’emplacement, en y créant un évènement.