Meubelbeurs Brussels 2019, diamants sur canapé…

Sur l’ensemble des secteurs du meuble y compris celui de la literie, le salon du meuble de Bruxelles parvient cette année une fois encore à faire la différence. D’un positionnement pertinent sur le contemporain haut de gamme à une offre bien pensée mixant matériaux, cultures et design, en passant par un questionnement ad hoc sur la durabilité de la filière meuble, l’événement se fait l’écho de la plupart des évolutions actuelles du marché.

Pas de doute, le salon du meuble de Bruxelles remporte cette année une fois encore son pari : celui de porter haut les différentes couleurs et tendances de l’offre européenne. Mieux, il frappe particulièrement juste, tant sur le plan de la scénographie que sur celui de l’offre. Avec quelques 274 exposants – 6 de plus qu’en 2018 – venus de 18 pays différents, les organisateurs mettent effectivement en avant une offre plus qualitative que quantitative qui démontre une fois de plus que l’on peut être représentatif d’un marché sans forcément donner dans le gigantisme. Pas de doute, Small is beautiful et cette nouvelle édition parvient à donner une ligne claire de l’offre aujourd’hui présente sur le marché européen – voire international – du meuble.  Bref, malgré une conjoncture tendue pour le meuble belge, le salon bruxellois tire son épingle du jeu en 2019. « Les acheteurs s’orientent de plus en plus vers des programmes moyenne gamme contemporaine et c’est justement le cœur de gamme du Salon du Meuble de Bruxelles ; dans ce sens, nous collons de plus en plus aux attentes des visiteurs et des exposants », fait ainsi remarquer Lieven Van den Heede, Directeur de la manifestation.

La force de l’âge ?
Bref, ça marche pour le salon bruxellois et ce succès semble vouloir s’inscrire dans la durée. 2019 marque en effet la 82e édition de l’évènement, ce qui en fait l’un des plus anciens salons professionnels d’Europe. « Force est de constater que ce grand âge cohabite avec un esprit on ne peut plus dynamique, fruit d’un intense travail de remise en question et de recherche continue de l’innovation », poursuit Lieven Van den Heede. Résultat, beaucoup de nouveautés cette année à Bruxelles, du côté des organisateurs, mais également et surtout du côté des exposants. Les nouveaux participants sont en effet particulièrement nombreux en 2019. Citons entre autres, les tables et armoires de Your Artisan Collection dans le hall 3, tandis que le hall 4 accueille Tablacasa et Pure Designs pour leur première participation. Brussels by night s’est pour sa part enrichi de Norma, Boxspring Design et King of Cotton, pour n’en citer que quelques-uns. Le segment Fusion, dans le hall 8, compte également plusieurs nouveaux venus, tels que PLM Design d’Espagne, Cosyfab de France, l’Irlandais Derry’s et ses canapés et le Danois By Rydens. Les Néerlandais, éternels pionniers dans le style rustique contemporain, sont logiquement bien représentés dans ce hall et voient leurs rangs encore renforcés par la venue de Label 51, Zittenenmeer, Blacklabel et Xaralyn. Citons également Sompex, qui vient cette année présenter les lampes de Villeroy & Boch.

Cap au Nord !
Pesant pour près de 46 % des exposants, les fabricants belges sont particulièrement au rendez-vous cette année. Parmi ces derniers, les grands noms du meuble du plat pays sont traditionnellement rassemblés dans le hall 5, hall central du Heizel. On y retrouve ainsi, à leur place habituelle, Passe Partout, Neyt, Theuns, le groupe Mecam avec Neo-Style, Moome, Otium Care et Ligna, Gerlin, Perfecta, De Eiken Zetel, Confortluxe et Lievens, sans oublier le groupe Recor, qui fête cette année son 70e anniversaire, avec Recor Originals et Sofa-bed. Certains se distinguent plus que d’autres. C’est le cas de Mintjens Furniture qui se lance cette année dans la construction d’une véritable cabane en bois avec étage, tandis que Rom s’offre une extension de 200 m² en face de son stand principal. Enfin, dans le hall 3, Joli occupe un emplacement plus central et revient, cette année, accompagné de sa société sœur Per/Use.
Deuxième nationalité en termes de représentation sur l’événement, les Néerlandais comptent traditionnellement parmi les fidèles exposants du salon du meuble de Bruxelles. Dans le hall 3, citons Easysofa, au stand toujours très chaleureux, et Coesel Collection aux armoires épurées, qui fête d’ailleurs cette année sa 10e participation. Dans le hall 4, les visiteurs peuvent compter sur la présence de Het Anker, De Toekomst, IMS Benelux, DS Meubel et Releazz et leurs collections de sièges et fauteuils relax, par Bijnen Meubelgroep et No Limits by Brinker et leurs armoires, tables et chaises, et sur Sticky Lock, qui met la réalité augmentée au service des magasins de meubles.

Vous avez dit French Touch ?
A l’image des dernières éditions, les industriels italiens prennent eux aussi massivement le chemin de la Belgique en 2019. C’est le cas de la plupart des acteurs référents du marché transalpin tels que Maxdivani, Egoitaliano, Altoni, Franco Ferri, Corium, Calia, New Trend Concepts, Dienne Salotti ou encore Glamour Sofa. « Notre présence sur ce salon nous donne une grande visibilité, notamment en France où nous réalisons les trois quarts de notre chiffre d’affaires », explique Giuseppe Priano, Administrateur de Glamour Sofa Srl (voir également interview flash). Enfin, l’Hexagone n’est pas en reste avec des industriels français répondant volontiers à l’appel de Bruxelles. Rappelons que le meuble bleu, blanc, rouge pèse en moyenne chaque année entre 4 et 5 % des exposants. 2019 n’inverse pas la tendance sur ce point et le meuble tricolore reste bien représenté cette année, notamment avec la présence depuis plusieurs années d’Akante et ses tables de salon et d’appoint (voir interview flash), d’Alsapan et ses rangements, d’Inditime avec sa collection industrielle ou encore de Girardeau et Cadr’aven avec des meubles de séjour pour le premier, et des cadres pour le second.
Comme chaque année, les couloirs reliant les halls entre eux sont utilisés pour mettre en scène les différentes tendances repérées ces derniers mois sur le marché du meuble. La directrice artistique Siegrid Demyttenaere développe cette année trois thèmes, organisés autour d’une question centrale : « Comment allez-vous ? ». Parmi les notions essentielles abordées figurent l’harmonie, le bien-être physique et mental, la capacité à émouvoir et la spiritualité en contrepartie à la technologie. « La nouvelle génération déborde d’énergie. Elle veut créer des solutions qui soient en adéquation avec son identité. Chaque thème est résumé sous la forme d’un individu : l’essentialiste, le spiritualiste et l’énergétiste. Trois identités qui sont illustrées dans les couloirs entre les halls à l’aide d’une sélection de produits de nos exposants, offrant au visiteur un nouveau regard sur un fabricant, un meuble, une couleur ou encore un matériau », explique-t-on côté organisation.

Vers une extrême individualisation de l’habitat ?
L’une des tendances parfaitement repérables sur cette édition concerne l’individualisation croissante du mobilier intérieur, voire extérieur. L’époque des ensembles de mobilier fixes et préétablis est en effet définitivement révolue et plus personne ne veut d’une salle à manger préconfigurée. Au contraire, le consommateur cherche à pouvoir combiner et assortir sa table et ses chaises à sa guise. Idem dans la chambre à coucher où l’armoire s’accompagne de plus en plus, et de longue date, d’un boxspring plutôt que d’un lit assorti. Les petites tables branchées remplacent par ailleurs les classiques tables de chevet. Au final, pièce par pièce, le consommateur façonne de plus en plus son intérieur à sa manière. Aux fabricants et commerçants de s’adapter donc…
La 82e édition du salon de Bruxelles brosse ainsi le portrait d’un habitat aux contours flous, au sein duquel les meubles s’accordent, se désaccordent, se racontent, mais surtout se rêvent sur fond de lignes, formes et matériaux tout aussi élégants que surprenants. Industriel, manuel ou artisanal, le travail – dans sa force et sa valeur ajoutée – est par ailleurs largement mis en avant comme pour justifier la spécificité et les différences de chaque proposition ou production. Enfin, les choix chromatiques des designers et industriels soulignent la force de ce travail sur la matière. La couleur la plus tendance semble être cette année le jaune, se déclinant en des teintes plus ou moins chaudes, voire vers le doré, et s’harmonisant parfois sur des verts tout aussi denses que lumineux.

Un sommeil 100 % nature
On remarque également cette année encore la confirmation d’une certaine tendance durable, voire écologique caractérisant le marché du meuble depuis déjà plusieurs années. Les consommateurs sont effectivement de plus en plus nombreux à se préoccuper de l’environnement et de leur empreinte sur celui-ci. Ils sont ainsi prêts à adapter leur comportement, mais de préférence sans trop d’impact sur leur budget… Cette tendance très nature est repérable sur l’ensemble de la manifestation, la plupart des segments et plus particulièrement encore sur celui de la literie, traditionnellement exposé sur l’espace spécifique Brussels by night.
L’année dernière déjà, Veldeman Bedding innovait avec son lit circulaire pouvant être entièrement démonté et recyclé une fois le produit arrivé en fin de vie. D’autres exposants s’engagent dans la même voie cette année, en proposant notamment des formules de location de literie. On constate aussi cette année l’adoption par plusieurs fabricants du principe du sommeil au naturel, avec, chez Recor Bedding et Polypreen par exemple, des matelas entièrement biologiques vendus non seulement dans les magasins de meubles traditionnels, mais aussi en magasins spécialisés bio. Enfin, dans le hall 8, le plan d’actions de l’UE FLEGT encourage, par l’intermédiaire de la Timber Trade Federation britannique, les fabricants et les commerçants à adopter une utilisation plus responsable du bois exotique.
Bref, pour l’ensemble des exposants, cette édition de la manifestation est l’occasion de mettre en avant une offre qualitative misant sur un certain retour aux sources, celui-ci se traduisant avant tout par l’authenticité de meubles puisant leur spécificité dans l’utilisation de matériaux naturels. C’est le cas comme évoqué plus haut pour la literie, mais également pour le meuble meublant. Tantôt minérales, tantôt végétales, ces matières sont multiples. Citons, entre autres, la céramique des tables et meubles d’appoints proposés par Akante.
Au final, cette édition 2019 du salon du meuble de Bruxelles est un succès à plus d’un titre. Elle est le parfait reflet d’un marché européen du meuble qui est à un tournant de son histoire et donne à voir où se situent les principaux enjeux pour ces prochaines années. Il s’agit en effet désormais pour les industriels et les distributeurs de négocier le virage de la durabilité tout en maintenant le cap sur la créativité. Un défi pas forcément facile à relever, la conjoncture tendue du marché ne facilitant pas forcément la prise de risque. Croisons les doigts.