Association pour la literie : Place à la « New APL »

Gérard Delautre quitte sa fonction de Président de l’Association Pour la Literie (APL) mais conserve une place de Président d’honneur. Son successeur, François Duparc arrive avec un nouveau projet pour l’APL.

L’Assemblée générale, réunie le 7 juillet, a nommé un nouveau conseil d’administration, composé de 4 fabricants et 4 distributeurs. Le conseil a nommé un nouveau président, François Duparc, Wolf Stolpner, Secrétaire général et Geoffrey Thiriez, Trésorier.

Relancer l’APL
Qui dit nouveau bureau, dit aussi nouveau projet. François Duparc et son équipe ont proposé un plan de relance : New APL. « La mission de l’APL reste la même puisque le projet prévoit de continuer d’assurer des actions qui auront un impact positif sur la croissance et le dynamisme du marché. », affirme-t-il. Un objectif de + 40 % a été fixé pour l’année 2027, soit un chiffre d’affaires total de 680 millions d’euros. Cela représente une évolution de 5,5 % par an, contrairement aux 2 à 3 % depuis une dizaine d’années. La New APL a pour ambition d’amener le marché français de la literie à la hauteur de celui de ses concurrents.
Ce plan de relance a été construit à partir d’études qui ont été faites par le passé. Elles ont révélé 4 constats : un faible taux de renouvellement de la literie, un manque de repère pour les consommateurs, un problème de traçabilité et de transparence et, enfin, les enjeux de l’écoconception et du recyclage. « Les nouveaux défis de l’APL prendront bien évidemment en compte ces différents points. Notre plan d’action repose sur 3 piliers : le premier, créer un outil de diagnostic pour permettre au consommateur de savoir quand changer sa literie. Le second, l’observatoire des appellations commerciales pour contrôler le marché et les produits. Et le dernier, le lobbying ministériel auprès des ministères », explique-t-il.
Au niveau du financement, tout n’est pas encore statué et réglé, mais des orientations importantes ont été prises et nécessitent d’être davantage travaillées. « Aujourd’hui, nous proposons d’aller vers un système dans lequel l’ensemble du marché est concerné, soit les distributeurs et les industriels. Chacun cotisera et participera à hauteur de son chiffre d’affaires, un taux de 0,12 % est actuellement envisagé », complète le nouveau président.
Concernant le planning, en mars 2021, le projet sera présenté devant les membres de l’Ameublement Français et la Fnaem, puis adopté ou non. Le développement de l’application par Ecosystem sera finalisé pour 2021. Enfin, la recette de la taxe parafiscale sera récoltée – si elle est adoptée – à la fin de premier trimestre 2022. « Il s’agit vraiment d’un projet solidaire, tout le monde ici fait corps dans le succès comme dans un potentiel échec. Si nous n’agissons pas tous ensemble, il n’a pas vraiment de sens », conclut François Duparc.

Une parfaite connaissance des produits
« Nous sommes en train de construire un écosystème avec plusieurs objectifs. Parmi les plus importants : l’obsolescence des matelas, car bien souvent l’utilisateur n’a aucune idée de la durée de vie, ni de l’état de son matelas », explique Jean-Marc Barbier, Responsable service innovation chez FCBA. Les autres défis concernent la traçabilité du matelas, la connaissance des parcs existants par foyer et bien entendu le fait de faciliter la fin de vie des produits, notamment au niveau du tri. « Ecosystème signifie que l’on s’intéresse à l’ensemble du cycle de vie d’un matelas », précise-t-il. Afin de pouvoir décrire plus facilement des produits, des trames vont être instaurées pour connaitre la composition ou encore les matières premières. « Chaque matelas aura une carte d’identité, générée au départ par le fabricant, qui sera complétée tout au long de son cycle de vie par les différents acteurs de l’écosystème. Elle sera rassemblée dans une base de données, accessible en fonction des besoins des différents utilisateurs. Pour faciliter le suivi, un dispositif de marquage sur le produit et l’emballage sera mis en place : QR Code ou encore une puce », annonce-t-il. Avec l’écosystème, le parc existant par foyer joue un rôle clé. Une application d’analyse est en train d’être créée pour permettre au consommateur d’évaluer selon quelques critères – usure, hygiène, confort – l’état de son produit de literie. En ce qui concerne la fin de vie du matelas, la carte d’identité du produit permettra, lors du tri, de connaitre parfaitement sa composition.
Pour mener à bien ce projet, un groupe de travail et de validation, alliant technique et marketing, a été mis en place. « Cela nous permettra de perfectionner l’écosystème, les critères, etc. », conclut-il. La fin du cahier des charges est prévue pour la fin d’année et le développement de l’application en 2021.

Un projet engagé
Aujourd’hui, le tri des déchets est devenu un enjeu majeur dans notre société. « Pour qu’un produit soit correctement recyclé, il peut être utile d’avoir connaissance à l’avance de sa composition. C’est pourquoi, Eco-mobilier accorde un intérêt particulier au développement de cette application », affirme Éric Weisman-Morel, Directeur du développement chez Eco-mobilier. Afin de mieux cerner les habitudes des Français, Eco-mobilier avait fait mener une étude auprès de 1 500 foyers en 2018. « Nous voulions savoir précisément comment ils étaient équipés au niveau des meubles mais aussi savoir là où ils les stockaient. Nous avons recensé au total, un parc installé d’environ 50 millions de tonnes de meubles chez les Français, soit un peu plus de 61 meubles et soit 1,6 tonne par foyer », constate-t-il. Connaitre les caractéristiques des produits est important pour le recyclage, et connaitre la quantité pour tout ce qui est collecte et logistique.
En octobre Eco-mobilier mettra en place, sur 5 territoires-pilotes (la Charente-Maritime, la Gironde, l’Ille-et-Vilaine, la Meurthe-et-Moselle et le Nord), représentant 5 millions d’habitants, un système de collecte des matelas, que les distributeurs auront repris chez leurs clients. La reprise de la literie fait potentiellement partie des futures obligations réglementaires suite à la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire. « Notre proposition, c’est de faciliter la reprise de la literie usagée par les magasins. Sur la base de la reprise faite par le magasin auprès de ses clients, Eco-mobilier organise la collecte des matelas en petite ou grande quantité, de façon à garantir leur recyclage », développe-t-il. « Pour cela, des sacs à matelas sont envoyés dans les points de vente participants. Cette démarche sera accompagnée d’une communication axée sur le grand public sous le nom «Maison du Tri», pour parler plus simplement, plus directement aux consommateurs. »
Par ailleurs, Eric Weisman-Morel rappelle que « Eco-mobilier poursuit la chasse aux free-riders de l’éco-participation ». Le but étant de réduire le nombre de distributeurs, en particulier ceux qui sont sur le web, ne respectant pas cette loi. La loi anti-gaspillage renforce les sanctions administratives et financières pour les free-riders. En particulier, il faudra adhérer et mettre en place le numéro d’identifiant unique transmis par Eco-mobilier pour mettre sur le marché des éléments d’ameublement (dont la literie) et d’agencement, et déclarer jusqu’à 3 années antérieures pour ceux qui seraient retardataires. Un courrier indiquant la conformité ou la non-conformité sera envoyé aux entreprises. En complément, les places de marché qui ne jouent pas bien leur rôle, en ne vérifiant pas que leurs vendeurs tiers soient conformes, vont également recevoir un courrier d’avertissement.

La New APL est donc un projet solidaire et engagé pour la cause environnementale. Il ne reste plus qu’à attendre la validation des membres de l’Ameublement Français et la Fnaem.