Crédoc/Inoha : Miroir, mon beau miroir, quel bricoleur pour 2022 ?

Inoha, l’association qui fédère les industriels du nouvel habitat, a dressé – en partenariat avec le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) – le portrait du bricoleur de 2022. Selon l’étude, le choix de la marque et la mise à disposition de services de livraison à domicile devraient largement influencer les bricoleurs de demain dans leurs achats. Explications.

Secteur incontournable pour l’économie du pays, le bricolage a su maintenir et développer son attractivité, au cours des dernières années. Rien qu’en 2019, près de six Français sur dix (57 %) ont cherché de l’information ou acheté un article relatif aux secteurs du bricolage, du jardin ou de la décoration. C’est, tout du moins, ce que révélait Inoha (ex-Unibal), lors d’une conférence tenue en collaboration avec le Crédoc, le 4 février dernier. Parmi ces Français, 24 % se définissent comme des bricoleurs exclusifs contre 12 % qui se caractérisent comme des décorateurs. Les 21 % restants ne choisissent pas entre ces deux termes, car ils se sentent à la fois bricoleurs et décorateurs.

Des consommateurs plus jeunes et impliqués
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le marché du bricolage ne connaît pas un processus de vieillissement de ses consommateurs. En effet, lorsque l’on analyse le profil des bricoleurs, on observe que les jeunes sont de plus en plus intéressés par le secteur. En 2019, 27 % des bricoleurs ont moins de 25 ans, contre 22 % en 2014. Les jeunes sont aussi plus aisés : 43 % appartiennent à des ménages percevant entre 1 900 et 3 600 € mensuels, contre 38 % en 2014. Cela en pousse d’ailleurs certains (6 %) à faire appel à un artisan ou un auto-entrepreneur (+2 % par rapport à 2014).

L’étude dévoile également que les jeunes shoppers bricolent plus fréquemment
37 % bricolent au moins une fois par semaine (34 % en 2014) : 40 % d’entre eux le font pour le plaisir (contre 37 % en 2014) ; 13 % par nécessité (19 % en 2014) ; et 13 % pour que leurs travaux soient bien faits (8 % en 2014). Dans la plupart des cas, c’est pour de la décoration ou pour de la rénovation partielle (27 % des 18-34 ans). Autre élément important : les jeunes sont nettement plus adeptes des objets de seconde main. 49 % des 18- 34 ans ont déjà acheté d’occasion du matériel de bricolage, contre 35 % des 35-49 ans et 12 % des 50 ans et +. Pour ces derniers, il est plus important d’utiliser un produit que de le posséder.

La marque a le vent en poupe !
Lors de la réalisation de l’enquête, le Crédoc et Inoha ont pu observer que la marque était devenue un levier d’attractivité et de fidélisation. En effet, cette dernière incarne des motivations d’achats qui devraient se poursuivre d’ici 2022. 15 à 20 % des bricoleurs-décorateurs ont été sensibles à la marque en 2019 : 21 % d’entre eux ont d’ailleurs entamé leurs recherches sur Internet par le nom de la marque, 14 % recherchent directement l’information sur des sites de marques et 15 % sont motivés par l’achat d’un article de bricolage ou de jardinage pour la marque. Les raisons sont multiples : 43 % des bricoleurs-décorateurs sont motivés par la qualité (+3 points par rapport à 2014), 23 % sont motivés par l’esthétique et le design (+10 points), 21 % par le confort d’utilisation (+1 point), 9 % par l’aspect écologique. A l’heure où les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par la dégradation de l’environnement, il est évident que ces derniers optent davantage pour des valeurs d’éthiques. Dans ce sens, la marque reste une valeur sûre. Ainsi, sont incités à acheter un produit : 80 % de bricoleurs et 76 % de l’ensemble des shoppers, s’il est fabriqué dans leur région ; 77 % des bricoleurs et 74 % de l’ensemble des shoppers, s’il est fabriqué par une entreprise veillant à la juste rétribution des producteurs ; 71 % des bricoleurs et 68 % de l’ensemble des shoppers, s’il a des garanties écologiques.

La livraison à domicile a la cote
L’autre tendance observée : le développement de l’économie servicielle grâce à la forte utilisation du web. En 2019, 80 % des bricoleurs ont eu recours à Internet pour comparer les prix (46 % d’entre eux), mener des recherches rapidement (46 %), comparer les produits (43 %). Certains y ont même appris à bricoler (26 %). Par ce biais, 47 % d’entre eux trouvent des prix plus bas, 41 % pour un choix plus large, 20 % parce qu’il y a plus de promotions ou encore 16 % pour des produits spécialisés. Lorsque les bricoleurs clôturent un achat sur Internet : 41 % d’entre eux le font pour se faire livrer à domicile (+16 % par rapport à 2014), 27 % pour éviter de se déplacer en magasin (+11 %) et 19 % parce que cela évite le transport de produits lourds ou encombrants (+11 %). Le Crédoc et Inoha prévoient d’ailleurs une hausse des services de livraisons à domicile, d’ici 2022.