Erec Glogowski : « Septembre, un nouveau départ pour André Renault »

Depuis le début du mois de septembre, l’entreprise André Renault a été rachetée par Erec Glogowski. Mobilium s’est entretenue avec le nouveau PDG, pour faire un tour d’horizon sur ses challenges, ses objectifs et sa vision de l’avenir.

Mobilium : Vous venez de racheter la société André Renault. Pouvez-vous nous expliquer la genèse de cette action ?
Erec Glogowski : Je cherchais depuis un moment à racheter une entreprise car j’avais fait pendant 15 ans du redressement de sociétés que ce soit industriel, commercial ou de direction générale. J’étais resté en contact avec la société Hilding Anders, qui m’a informé que le positionnement d’André Renault n’entrait pas tellement dans leur stratégie. Mon offre de rachat les a intéressés puisqu’ils souhaitaient léguer André Renault à quelqu’un qui connaissait le milieu, qui s’entendrait bien avec le personnel et qui pouvait apporter de la pérennité. Ils ont d’ailleurs été d’un vrai soutien dans ce processus de cession. Les discussions avec eux avaient commencé au mois de mai. J’ai repris toute l’entité légale d’Hilding Anders Bretagne qui est redevenue celle d’André Renault au 1er août.

Mobilium : Comment voyez-vous les choses en matière de personnel, d’organisation, de chiffre d’affaires ? Quel bilan pouvez-vous faire pour le dernier quadrimestre et le début de l’année 2021 ?
Erec Glogowski : Les chiffres les plus fiables sont ceux de 2019, avec 40 millions de chiffre d’affaires et 180 salariés. Comme je reprends l’entité légale, c’est à isopérimètre : la même quantité de salariés avec aussi une reprise de l’entité commerciale (avec les marques André Renault et Timbo en propre, monde et puis en licence Slumberland et Curem). Il y aura quelques petites évolutions en termes d’organisation puisque j’ai un comité directeur avec 4 personnes : le Directeur commercial Vincent Arhuero, la Directrice marketing, développements produits et business développement Hélène Le Béon, Luc Le Trequesser en direction Industrielle et Dominique Resedat en direction financière – tous actionnaires de la société. Nous avons été soutenus par les banques locales comme la Société Générale de Vannes, qui a été un acteur important dans tout le processus, ainsi que le cabinet juridique Hogan Lovells et le conseil financier Entrepreneurs et finances, tous deux basés à Paris. Pour parler du dernier quadrimestre, il est vrai qu’André Renault a démarré un peu tard par rapport au reste de la profession, ce qui a provoqué une espèce d’appel d’air au niveau des commandes, qui est conséquent et qui dure. Est-ce que c’est le marché qui est comme ça ? Est-ce à cause de notre très court délai par rapport à la concurrence, ce qui fait que les marchés se retournent vers nous pour les livraisons ? C’est probablement un mix des deux. Si les choses continuent d’avancer comme elles le font, nous aurons largement atténué l’effet Covid-19. Nous avons déjà une très belle vision pour septembre, après des mois de juin, juillet et août assez forts.

Mobilium : Les challenges que vous avez évoqués à la presse sont ceux de l’indépendance, un rayonnement national et international puissant, le Made in France. En termes de structure d’offres, André Renault c’est des dosserets, des têtes de lit, des accessoires, des couettes, des oreillers, des matelas, des sommiers et des sommiers de relaxation. Est-elle amenée à évoluer ?
Erec Glogowski : André Renault est Artisan Litier depuis 1960. L’objectif est donc de faire grandir une entreprise française à l’atmosphère studieuse sérieuse et familiale, fière de ses racines bretonnes, attachée à des valeurs de service au client et au consommateur, fière de ses produits, de leur qualité, leur design et leur confort, de leur personnalisation. André Renault c’est 1 million de combinaisons possibles livrées à la semaine. C’est aussi une société très attachée au respect de l’environnement, qui s’y est beaucoup investie et qui continuera à s’y investir de manière conséquente, notamment en termes d’utilisation d’énergies renouvelables.
Maintenant c’est une société qui, dans le commerce de détail, a une situation dominante dans la literie de relaxation et dans les technologies latex et mousse. Donc oui bien sûr, la structure d’offres est appelée à évoluer : nous allons présenter de nouvelles catégories de produits pour l’année prochaine. Notre second axe de développement concerne la partie ressort sur laquelle nous travaillons. La partie export est également très importante, car nous présentons un savoir-faire français à nos consommateurs, dans des délais de 7 à 15 jours. Je pense que cela a de la valeur dans le haut de gamme, pas seulement en France. C’est à nous de faire valoir notre travail et de le vendre à l’étranger. Un autre point sur lequel nous travaillons concerne le service digital aux distributeurs, sur lequel nous avons vraiment une marche à passer. L’avantage de l’indépendance permettra à André Renault de prendre des virages stratégiques à long terme, sans avoir à en justifier les retours sur investissement court terme. Investir dans cette branche est un élément important pour nous afin de rester encore longtemps une société leader dans les services à nos distributeurs.

Mobilium : Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs ?
Erec Glogowski : Nous pouvons observer un fort engouement sur le Made in France, sur le service, sur la qualité, sur la fabrication à la commande, sur la personnalisation. Cette situation est très positive surtout pour le haut de gamme, segment sur lequel se positionne André Renault. Nous sommes là pour suivre et accompagner nos clients et nos distributeurs sur ces créneaux-là. Il ne faut pas hésiter à revenir vers nous pour nous suggérer des besoins et des projets. À noter que notre structure financière est extrêmement saine, nous n’avons aucune dette fournisseurs. André Renault s’inscrit dans la durée pour servir et aider ses distributeurs.